Le diagnostic
Le secteur impose une discipline qualité qu'on retrouve peu ailleurs. Chaque anomalie constatée chez un bénéficiaire — chute, malaise, situation à risque, défaillance matérielle — doit être qualifiée, traitée, suivie. Les intervenantes saisissent dans ELABORHA, les chefs de secteur reçoivent le signalement par mail, analysent, répondent, construisent un plan d'action.
Tout repose sur le jugement des trois chefs de secteur. Leur analyse est précieuse — mais elle est seule. Pas de bibliothèque de cas types. Pas de réponses standardisées sur les situations récurrentes. Pas d'aide à la formulation des plans d'action. Variabilité d'une personne à l'autre, charge mentale élevée.
La référente qualité, elle, mène chaque année une enquête qualité et une enquête satisfaction. Réponses collectées dans ELABORHA. Synthèse rédigée à la main, plusieurs jours de travail, restitution direction. Le contenu est bon. Le coût est élevé.
Profil de la structure (anonymisé)
- Activité
- Services à la personne — accompagnement à domicile, public fragile
- Équipe
- 53 salariés — 35 assistantes de vie, 14 aides ménagères, 3 chefs de secteur, 1 référente qualité
- Cadre
- Autorisation Conseil départemental — activité régulée
- Outils en place
- ELABORHA (RH/qualité), EASY LIFE (métier), BUZZEE (CRM/mails), Asaprod, ChatGPT (1 licence)
- Recrutement
- REMO Platform connecté à France Travail, HelloWork, Indeed
- Année de l'audit
- 2026
Les anomalies, structurées
Le chantier prioritaire — celui qui justifie à lui seul la mission — vise l'analyse des anomalies. Un scénario IA lit le signalement, identifie le type de situation (bibliothèque de cas types co-construite avec les chefs de secteur : situation à surveiller, risque immédiat, besoin de contact famille, rappel de bonnes pratiques…), propose un niveau de priorité, suggère un plan d'action, génère un brouillon de réponse.
Le chef de secteur ne crée plus la réponse — il la valide. Sur les situations sensibles, validation systématique. Sur les anomalies récurrentes, le gain de temps est immédiat. Gain projeté : ~50 % du temps d'analyse récupéré.
Recrutement : présélectionner, pas décider
REMO Platform centralise les candidatures, mais le tri est manuel. Chaque CV est lu, qualifié, comparé. Un scénario simple — export REMO, ChatGPT en analyse, fiche candidat synthétique — produit pour chaque profil un résumé, les points forts, les points de vigilance, et les questions à poser en entretien.
L'IA ne recrute pas. Elle prépare la lecture humaine. C'est la même nuance qu'avec les anomalies : assistance, jamais décision.
Les congés, partagés enfin
Aujourd'hui : fiches papier déposées entre le 1er et le 28 février, recopiées dans Excel, arbitrage à huis clos, décision communiquée six semaines plus tard. Demain : un espace partagé SharePoint, visibilité des demandes pour les salariés, alertes automatiques sur les conflits, aide à l'arbitrage selon les règles formalisées (ancienneté, continuité de service, quotas).
Le sujet n'est pas IA. Le sujet est transparence. L'IA ne fait qu'aider à proposer des scénarios de répartition.
Enquêtes qualité synthétisées
Les réponses exportées d'ELABORHA, l'IA en extrait les thèmes, classe les irritants, propose un brouillon de rapport structuré (synthèse, points de satisfaction, points d'insatisfaction, écarts récurrents, propositions d'amélioration). La référente qualité relit, ajuste, valide. Le rapport annuel se construit en deux jours, non plus en deux semaines.
Le chef de secteur, c'est le tampon entre le terrain et la direction. Si on peut lui rendre une heure par jour, c'est une heure de plus avec ses équipes.
Gains projetés de la feuille de route
Les chiffres ci-dessous sont des projections, établies à partir des volumes réels observés pendant l'audit et de bilans comparables sur d'autres missions Altos. Ils sont à confirmer lors du déploiement effectif des chantiers.
Indicateurs clés — projections audit
Aucun de ces chantiers ne nécessite de remplacer les outils métiers en place. Tous se branchent en parallèle, via n8n, à partir des données et applicatifs existants. L'objectif n'est jamais la transformation digitale — c'est la libération du temps utile.